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Abd el-Hafîd Benchouk : L'action bonne n'est pas semblable à la mauvaise.. Coran 4, 34-35


Par le nom de Dieu Le Tout-Rayonnant d'Amour, Le Très-Rayonnant d'Amour


L’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qui est du domaine de l’excellence : tu verras alors celui qu’une inimitié séparait de toi devenir pour toi un ami chaleureux. C’est là une chose que n’atteignent que ceux qui exercent la patience, ceux qui ont reçu une faveur insigne.


Coran 41, 34-35


Comment faire pour transformer le mal en bien ? Il ne s'agit pas de changer le monde, cela n'est pas dans nos cordes, et, en outre, cela ne nous est pas demandé. Chaque âme n'est responsable que d'elle-même en premier lieu. Il n'est d'ailleurs pas possible de changer quoi que ce soit dans le monde si ce changement n'est pas déjà opéré en nous-même.


Comment faire ? Une piste nous est donnée clairement : pour réussir à changer le mal en bien, il faut être de ceux "qui s'exercent à la patience".


S a n s p a t i e n c e, r i e n n' e s t p o s s i b l e


Et qu'est-ce que la patience ? C'est un combat intérieur pour accepter ce qui nous incommode. Il ne s'agit donc pas d'un acte de résignation comme on pourrait l'imaginer, mais bien d'un combat intérieur pour apprendre à maîtriser notre égo, et les exercices de maîtrise de l'égo ne sont jamais vains. Nous en tirerons toujours un bénéfice, même si celui-ci n'est pas immédiat. S'exercer à la patience est déjà le premier pas, mais ensuite, il nous est conseillé dans ce magnifique verset d'effacer notre mauvaise action envers autrui par une bonne. Tu as blessé ou offensé quelqu'un et tu veux que la situation se transforme ? Alors, accompli une bonne action envers cette personne le plus rapidement possible. Oui, le plus rapidement possible, car plus on attend et plus les mauvais sentiments se nourrissent de notre colère. Et par miséricorde pour nous-même qui sommes dérangés par l'inimitié de l'autre, et par miséricorde pour l'autre, afin de le ou la libérer de cet état de colère qui nous empêche d'accueillir sa lumière, empressons-nous de faire suivre une mauvaise action par une bonne. Mais que dit le verset à la fin ? Cette manière d'agir n'est pas donnée à tout le monde, il s'agit d'une "faveur insigne". Si vous avez la chance de pouvoir transformer vos actes, disons laids, par de beaux actes c'est que la force de l'amour a décidé de couler à travers vous.


Il s'agit d'une véritable faveur qui nous a été donnée, certes, mais encore faut-il combattre nos tendances égoïstes pour y arriver. Il s'agit d'une faveur, mais d'une faveur méritée. Le sentiment de satisfaction qui en découle, cette sensation de liberté totale nous vient du fait que nous sommes des réservoirs d'amour, mais que nous hésitons souvent à libérer ces réserves et c'est ce qui, au fond, peut nous rendre malheureux. Ce chemin n'est pas le propre du soufisme : c'est aussi le chemin de Jésus ou de Bouddha, c'est le chemin de la liberté véritable.


Extrait de l'ouvrage "Le Langage du Cœur" d'Abd el-Hafîd Benchouk, p.99-101