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[Audio] Lecture de la prière d'Antoine de Saint-Exupéry « Apparais-moi Seigneur.. »



Prière « Apparais-moi Seigneur.. » d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944).


Antoine de Saint-Exupéry est un poète, romancier et aviateur disparu au cours d'une mission de reconnaissance aérienne le 31 juillet 1944. Il est l'auteur de nombreuses œuvres telle que « Le petit Prince ».


« Donnez-moi la paix des étables, disais-je à Dieu, des choses rangées, des moissons faites. Laissez-moi être, ayant achevé de devenir. Je suis fatigué des deuils de mon cœur. Je suis trop vieux pour recommencer toutes mes branches. J’ai perdu, l’un après l’autre, mes amis et mes ennemis et s’est faite une lumière sur ma route de loisir triste. Je me suis éloigné, je suis revenu, j’ai regardé: j’ai retrouvé les hommes autour du veau d’or non intéressés mais stupides. Et les enfants qui naissent aujourd’hui me sont plus étrangers que de jeunes barbares sans religion. Je suis lourd de trésors inutiles comme d’une musique qui jamais plus ne sera comprise. « J’ai commencé mon œuvre avec ma hache de bûcheron dans la forêt et j’étais ivre du cantique des arbres. Ainsi faut-il s’enfermer dans une tour pour être juste. Mais maintenant que de trop près j’ai vu les hommes, je suis las. « Apparais-moi, Seigneur, car tout est dur lorsque l’on perd le goût de Dieu. »

Ainsi soit-il.


Antoine de Saint-Exupéry - Apparais-moi, Seigneur (Citadelle, 1944) - YouTube

Durée : 1 mn 48

Au sujet de l'ouvrage Citadelle d'Antoine Saint-Exupéry


Saint-Exupéry désignait lui-même Citadelle comme son œuvre posthume. Ébauché dès 1936, le texte est élaboré parallèlement aux derniers livres publiés de son vivant : Terre des hommes, Pilote de guerre, Le Petit Prince. Rassemblés dans une valise, les feuillets écrits sur plusieurs années forment un recueil de réflexions sur la condition de l’homme et son lien à Dieu.


Il est difficile d’imaginer la forme finale de ce texte que Saint-Exupéry avait l’intention de corriger, ce qui signifiait pour lui, une réécriture. Les feuillets qui nous sont parvenus représentent à eux seuls, en nombre de pages, la moitié de son œuvre. Publié pour la première fois en 1948, le manuscrit est structuré en 219 chapitres dont l’ordre n’est peut-être pas celui que l’auteur aurait privilégié s’il avait pu achever son travail. Cette organisation des chapitres tente de dessiner une vision cohérente du message de Saint-Exupéry.


L’ouvrage est écrit à la première personne, et si l’on en croit les ébauches lues par Antoine de Saint-Exupéry dès 1936 à Pierre Drieu La Rochelle, il s’agit du discours d’un chef berbère dont le père du « sang des aigles » a été assassiné. Sa sagesse lui vient des enseignements de son père et des expériences exceptionnelles ou ordinaires qu’il a lui-même vécues et qu’il interroge pour comprendre le fonctionnement des individus, du monde et des sociétés.


Trois niveaux de lecture de l’œuvre peuvent être distingués. Tout d’abord, un niveau de lecture immédiate, qui joue sur l’exotisme et le dépaysement apparents d’une fable évoquant les palais des mille et une nuits. Ensuite, un niveau de lecture morale et sociale, réflexion d’ordre politique sur le chef et l’autorité. Cet aspect correspond peut-être plus à un projet antérieur, dont le titre provisoire était Le Caïd et qui parut dans le numéro 7 de juillet 1948 de la revue La Table ronde sous le titre de « Seigneur berbère ». Enfin, une lecture spirituelle appelle à la vigilance de l’Esprit.