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[Extrait] Ibn Arabi et la poésie




La raison, qui m'a amené à proférer de la poésie est que j'ai vu en songe un

ange qui m'apportait un morceau de lumière blanche. On eût dit un morceau

de la lumière du soleil. "Qu'est-ce que cela ? " demandai-je. "C'est la sourate

al-shu‘arâ (Les Poètes)" me répondit-on. Je l'avalai et je sentis un cheveu

(sha‘ra) qui remontait de ma poitrine à ma gorge, puis à ma bouche. C'était

un animal avec une tête, une langue, des yeux et des lèvres. Il s'étendit jusqu'à

ce que sa tête atteigne les deux horizons, celui d'Orient et celui d'Occident ;

puis il se contracta et revint dans ma poitrine. Je sus alors que ma parole

atteindrait l'Orient et l'Occident. Lorsque je revins à moi, je déclamai des vers

qui ne procédaient d'aucune réflexion ni d'aucune intellection. Depuis lors,

cette inspiration n'a jamais cessé.


Ibn Arabi, extrait du Dîwân al-ma‘ârif


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