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Kitab Al Wasâyâ, Ibn 'Arabi : Des recommandations prophétiques Muhammadiennes à l'imam Ali (40)


Par le Nom d'Allah, le Tout-Rayonnant d'Amour, le Très-Rayonnant d'Amour




Recommandation 40 : Des recommandations prophétiques Muhammadiennes à l'imam 'Ali (1)



On nous a rapporté que Ali Ibn Abi Talib a dit ceci :


L’Envoyé de Dieu  m’avait fait des recommandations et il m’a dit :


Ô Ali ! Je te fais une recommandation, retiens-la donc ! Car tu ne cesseras d’être bien tant que tu la retiendras.


Ô Ali ! Trois signes distinguent le croyant : la prière, le jeûne et l’aumône légale. Celui qui affecte a trois signe : il flatte en présence de son interlocuteur, le calomnie en son absence et se réjouit du malheur d’autrui. Trois signes distinguent l’injuste ; il opprime celui qui est inférieur, désobéi à celui qui lui est supérieur et seconde les injustes. Trois signes distinguent le sournois : il est actif devant les gens, nonchalant lorsqu’il est seul et aime qu’on le loue dans toutes les situations. Et quand à l’hypocrite, trois signes le distinguent : lorsqu’il rapporte quelque chose il ment, lorsqu’il promet il ne tient pas sa promesse et lorsqu’on lui confie quelque chose il trahit.


Ô Ali ! Trois signes distinguent le paresseux : il traîne jusqu’à négliger, il néglige jusqu’à faire perdre et fait perdre jusqu’à pécher. Quand à l’homme raisonnable il ne lui convient de regarder fixement que dans trois situations : une tâche pour l’existence ou un plaisir non interdit ou un pas vers le retour ultime.


Ô Ali ! La certitude implique que tu ne doives satisfaire personne en courrouçant Dieu, que tu ne loues personne pour ce que Dieu t’a accordé et que tu ne critiques personne pour ce que Dieu ne t’a pas accordé. En effet, les subsistances ne sont pas assurées par la convoitise du convoiteur ou chassées par la hargne d’un haineux. Dieu – qu’Il soit glorifié et magnifié – a placé l’apaisement et la délivrance dans la certitude et l’acceptation de ce qui est alloué par Dieu et Il a placé le souci et la tristesse dans le fait de se courroucer devant ce qui est alloué par Dieu.


Ô Ali ! Aucune pauvreté n’est plus grave que l’ignorance ; aucun bien n’est meilleur que la raison ; aucune solitude n’est plus effarouchante que la fatuité ; aucune manifestation n’est plus sûre que la consultation ; aucune croyance n’est comme la certitude ; aucun scrupule n’est comme l’abstinence ; aucune filiation n’est comme le bon caractère ; aucune adoration n’est comme la méditation.


Ô Ali ! Chaque chose a son fléau : le fléau du discours est le mensonge, le fléau de la science est l’oubli, le fléau de la dévotion est la sournoiserie, le fléau de la sagacité est l’égotisme, le fléau du courage est l’oppression, le fléau de la bonté est le rappel des bienfaits, le fléau de la beauté est l’arrogance, le fléau de la descendance est la fierté, le fléau de la pudeur est la faiblesse, le fléau de la générosité est la fierté, le fléau de la bienfaisance c’est l’avarice, le fléau de la largesse est l’excès, le fléau de l’adoration est l’orgueil et le fléau de la foi est la passion.


Ô Ali ! Lorsqu’on te loue dis : « Mon Dieu ! Fais que je sois meilleur que ce qu’ils disent, pardonne-moi ce qu’ils ignorent et ne me tiens pas rigueur pour ce qu’ils disent ! » Tu seras ainsi préservé de ce qu’ils disent. Ô Ali ! Lorsque tu jeûnes le jour dis au moment de rompre ton jeûne : « Mon Dieu ! C’est pour Toi que j’ai-jeûné et c’est avec Tes subsistances que j’ai rompu mon jeûne ! » On inscrira ainsi pour toi la rétribution accordée à tous ceux qui ont jeûné ce jour-là sans qu’ils ne perdent rien de leurs propres rétributions. Et sache que chaque jeûneur a une invocation : s’il dit au moment de la rupture de son jeûne en prenant la première bouchée : Au Nom de Dieu, Le Tout-Miséricordieux, Le Très Miséricordieux, Ô Toi qui pardonne avec largesse ! Pardonne-moi ! Il lui sera pardonné. Sache aussi que le jeûne est une protection contre le feu.


Ô Ali ! Ne te mets pas en face du soleil et de la lune et tourne-leur le dos. Car le fait de se mettre en face d’eux est un mal et le fait de leur tourner le dos est un remède.


Ô Ali ! Récite souvent la Sourate Ya-Sîn car sa lecture renferme dix bénédictions : Jamais ne l’a récitée celui qui a faim sans être rassasié ; jamais ne l’a récitée celui qui a soif sans être abreuvé ; ni un homme nu sans être revêtu ; ni un malade sans être guéri ; ni un effrayé sans être rassuré ; ni un prisonnier sans être délivré ; ni un célibataire sans être marié ; ni un voyageur sans être aidé dans son voyage ; ni aucun homme ayant perdu quelque chose ne l’a récité sans qu’il retrouve ce qu’il a perdu ; chaque fois qu’on la récite au chevet d’un malade agonisant, il est soulagé ; celui qui la récite le matin est préservé jusqu’au soir et celui qui la récite le soir est préservé jusqu’au matin.


Ô Ali ! Récite la sourate ad-dukhan (la fumée) au cours de la nuit du vendredi (soit le jeudi soir) et tu te lèveras le matin en homme à qui on a pardonné.


Ô Ali ! Récite le verset du trône à la fin de chaque prière et tu auras un cœur semblable à ceux des hommes reconnaissants qui rendent grâce, la récompense des prophètes et les œuvres des justes.


Ô Ali ! Récite la sourate al-hashr (le rassemblement) et tu seras ressuscité au Jour de la Résurrection à la l’abri de tout mal.


Ô Ali ! Récite les sourates al-mulk (la royauté) et as-sajda (la prosternation), elles te mettront à l’abri des tourments et des horreurs du jour de la résurrection.


Ô Ali ! Récite la sourate al-mulk (la royauté) au moment de dormir, elle t’épargnera le châtiment de la tombe et l’interrogatoire des anges redoutables Munkir et Nakir.


Ô Ali ! Récite la sourate le culte pur (qul huwa allahu ahad) après avoir fait tes ablutions mineures, on t’interpellera au jour de la résurrection en ces termes : « O Toi le louangeur de Dieu ! Lève-toi et entre au Paradis ! »


Ô Ali ! Récite la sourate al-baqara (la vache) car sa récitation est une bénédiction, son abandon est un regret et c’est une sourate que les sorciers ne peuvent supporter.


Ô Ali ! Ne reste pas longtemps assis face au soleil car il provoque le mal profond, use le vêtement et change la couleur.


Ô Ali ! C’est pour toi une assurance de répéter : « Gloire à mon Seigneur, il n’y a de Dieu que Toi, je me confie à Toi et Tu es Le Seigneur du trône glorieux ! »


Ô Ali ! C’est une prémunition pour toi contre les obsessions sataniques lorsque tu répètes :

« Et lorsque tu récites le Coran, Nous plaçons un voile épais entre toi et ceux qui ne croient pas à la vie future, et Nous recouvrons leurs cœurs d’un voile en sorte qu’ils ne le comprennent pas et nous frappons leurs oreilles de surdité. En viens – tu dans le Coran à mentionner ton Seigneur et Lui Seul qu’ils tournent les talons en fuyant ».

(Coran, 17/45-46)


Ô Ali ! C’est une prémunition pour toi contre le mal de l’œil de l’envieux lorsque tu répètes :

« Ce que Dieu veut sera et ce qu’Il ne veut pas ne sera pas. Je témoigne que Dieu est puissant sur toute chose, que Dieu a embrassé toute chose dans Sa science et recensé toute chose et il n’y a de force et de puissance que par Dieu ! »


Ô Ali ! Consomme l’huile et enduis-t’en car le démon ne s’approche pas de celui qui consomme de l’huile et s’en enduit pendant quarante jours.


Ô Ali ! Commence et termine tes repas par le sel car il est un remède contre soixante-dix maux dont la démence, la gale, la lèpre, le mal de gorge, le mal de dent et le mal de ventre.


Ô Ali ! Lorsque tu manges, dis : « Au nom de Dieu ! » Et lorsque tu termines ton repas dis « Louange à Dieu ! » car tes anges-scribes ne cessent d’inscrire les bonnes actions en ta faveur jusqu’à ce que tu éloignes de toi le repas.


Ô Ali ! Lorsqu’au début du mois tu vois le croissant lunaire répète trois fois : « Allahu akbar (Dieu est le plus grand) », puis dis : « Louange à Dieu qui m’a créé et t’a créé, qui t’as déterminé et qui a fait de toi un signe pour les mondes. » Alors, Dieu sera fier de toi devant les anges et leur dira : « Ô Mes anges ! Je vous prends comme témoins que J’ai affranchi ce serviteur du feu. »


Ô Ali ! Lorsque tu regardes dans le miroir dis : « Mon Dieu ! Comme tu as embelli ma constitution physique, embellis mon caractère et accorde-moi les subsistances ».


Ô Ali ! Si tu vois un lion et que l’affaire devient grave pour toi, prononce trois fois le takbir et dis : « Dieu est plus grand, plus majestueux et plus puissant que ce qui m’effraye et me menace. Mon Dieu, je me confie à Toi pour le repousser et je me réfugie auprès de Toi contre son mal ! » Tu seras épargné avec la permission de Dieu ; et si tu vois un chien qui aboie répète ceci : « Hommes et djinns, si vous êtes en mesure d’échapper aux espaces célestes ou terrestres, faites-le ! Vous ne le pourrez qu’avec un pouvoir (vous venant de Dieu) » (Coran, 54/33).


Ô Ali ! Lorsque tu quittes ta maison pour réaliser quelque chose récite le verset du Trône, et ton affaire sera réglée si Dieu – qu’Il soit exalté – le veut.


Ô Ali ! Lorsque tu fais tes ablutions mineures (wudhu’) dis : Au Nom de Dieu et que le grâce divine soit sur l’Envoyé de Dieu !


Ô Ali ! Prie la nuit ne serait-ce que le temps nécessaire pour traire une chèvre, et à l’aube adresse tes invocations à Dieu – qu’Il soit glorifié -. Elles ne seront pas refusées, car Dieu – qu’Il soit glorifié – dit : « Ceux qui implorent le pardon (de Dieu) au point du jour » (Coran, 3/17).


Ô Ali ! Lave les morts car le laveur funèbre bénéficiera de soixante-dix pardons, et si on partageait l’un de ces pardons entre les créatures, il les comblerait. Ali demanda : Ô Envoyé de Dieu ! Que doit dire celui qui lave un mort ? L’Envoyé de Dieu  répondit : qu’il ne cesse de répéter jusqu’à ce qu’il termine le lavage : « Ô Ton pardon ! Ô Tout-Miséricordieux ! »


Ô Ali ! Ne pars pas seul en voyage car le démon est avec le solitaire et il l’est moins à deux.


Ô Ali ! Lorsque l’homme voyage en solitaire c’est un égaré, lorsqu’ils sont deux ce sont deux égarés, et s’ils sont trois ils constituent un groupe. Lorsque tu voyages ne descends pas dans les vallées car c’est le refuge des fauves et des serpents.


Ô Ali ! Ne prends pas en croupe trois personnes sur une même monture car l’un d’eux est maudit et c’est celui qui est à l’avant.


Ô Ali ! Lorsqu’un enfant te naît, garçon ou fille, prononce l’adhan (appel à la prière) dans son oreille droite et l’iqamat (l’appel pour se mettre en rang pour la prière) dans son oreille gauche, afin que jamais le démon ne lui nuise.


Ô Ali ! Evite d’avoir des rapports avec ton épouse au cours de la première nuit de l’apparition du croissant lunaire et au cours de la nuit du milieu du mois lunaire car on craint pour ton enfant, s’il est conçu à cette occasion d’être affecté par la démence. Ali lui demanda : Pourquoi Ô Envoyé de Dieu ? Il lui dit : Parce que les djinns s’accouplent souvent avec leurs femelles au cours des nuits du milieu et du début du croissant. D’ailleurs ne vois-tu pas que les déments ont leurs crises à cette époque ?


Ô Ali ! Si tu éprouves une difficulté dis ceci : « Mon Dieu ! Je T’implore au nom de Muhammad et de la famille de Muhammad de me délivrer ! » Et si tu veux entrer dans une ville ou un village, dis au moment où tu l’aperçois : « Mon Dieu ! Je Te demande le meilleur en cette cité et le meilleur en ce que Tu as décrété pour elle et je cherche refuge auprès de Toi contre sa nocivité et contre le mal que Tu as décrété pour elle ! Accorde – moi son bien et épargne – moi son mal, fais – nous aimer de ses habitants et accorde – nous d’aimer les bons parmi eux !


Ô Ali ! Lorsque tu descends dans une demeure (où tu effectues une halte) dis : « Mon Dieu ! Installe-nous dans une demeure bénie car Tu es le meilleur des hôtes ! » Tu obtiens alors le bien de cette demeure et on t’épargne son mal.


Ô Ali ! Prends garde à la dispute car il n’y a en elle aucune sagesse et la discorde est inévitable.


Ô Ali ! N’entre jamais au hammam sans pagne car celui qui regarde et celui qui est regardé sont maudits.


Ô Ali ! Ne mets pas ton anneau à l’index et au majeur car c’est une pratique du peuple de Loth.


Ô Ali ! Ne mets pas des vêtements teints en rouge et ne dors pas dans un drap c’est la tenue de satan.


Ô Ali ! Ne récite pas le Coran pendant que tu es incliné et pendant que tu es prosterné.


Ô Ali ! Prends garde à la polémique car elle anéantie les œuvres.


Ô Ali ! N’éconduis pas le mendiant même s’il vient vers toi sur un cheval et donne-lui car l’aumône tombe dans la Main de Dieu avant de tomber dans celle du quémandeur.


Ô Ali ! Hâte-toi de faire l’aumône car le malheur n’outrepasse pas l’aumône.


Ô Ali ! Attache-toi au bon caractère car tu atteins grâce à cela le degré de celui qui jeûne et observe les prières nocturnes.


Ô Ali ! Prends garde à l’emportement car le démon est le mieux placé pour attaquer le fils d’Adam lorsqu’il s’emporte.


Ô Ali ! Prends garde à la plaisanterie car elle dissipe la splendeur du fils d’Adam et sa vigueur.


Ô Ali ! Récite la sourate le culte pur (qul huwa allahu ahad) car elle met un terme à la pauvreté. Et prends garde à l’usure car elle comporte six fléaux, trois dans le bas-monde et trois dans la Vie Future. Pour ce qui est du bas-monde, elle hâte l’anéantissement, chasse la richesse et anéantit les subsistances. Pour ce qui est de la Vie Future, c’est le terrible interrogatoire en rendant les comptes, le courroux du Seigneur des seigneurs – qu’Il soit exalté et magnifié – et l’éternel séjour en enfer.


Ô Ali ! Lorsque tu entres chez toi, salue les gens de ta maison et le bien s’accroîtra en ta demeure.


Ô Ali ! Aime les pauvres et les nécessiteux, et Dieu t’aimera. Et ne les pourchasse pas, afin qu’au jour de la résurrection tu ne sois pas pourchassé par les anges.


Ô Ali ! Attache-toi à faire l’aumône car elle te soustrait au malheur.


Ô Ali ! Dépense avec largesse en faveur des gens de ta famille et ne crains pas la rétention de la part du Maître du trône.


Ô Ali ! Lorsque tu t’installes sur le dos d’une monture dis ceci : « Louange à Dieu qui nous a honorés, guidés à l’Islam et comblés par Muhammad et louange à « Celui qui a mis cela à notre disposition alors que nous n’aurions pu nous-mêmes le soumettre. Certes nous retournerons à notre Seigneur ! » (Coran, 4/13-14).


Ô Ali ! Ne t’emporte pas lorsqu’on te dis : « crains Dieu ! » Ceci afin que cela ne te fasse pas mal au jour de la résurrection.


Ô Ali ! Dieu s’étonne de Son serviteur lorsqu’il dit : « Mon Dieu, pardonne-moi, car il n’y a que Toi qui pardonne les péchés. » Dieu dit alors : « Ô Mes anges ! Mon serviteur untel a su qu’il n’y a que Moi qui pardonne les péchés. Soyez témoins que je lui ai pardonné ».


Ô Ali ! Lorsque tu mets un habit neuf dis : « Au Nom de Dieu et louange à Dieu qui m’a vêtu avec ce qui me permet de couvrir ma nudité et d’être indépendant par rapport aux gens ! » A peine l’habit arrive aux genoux que déjà Il te pardonne.


Ô Ali ! Celui qui revêt un habit neuf et fait vêtir un pauvre, un orphelin, un homme nu ou un nécessiteux sera dans le voisinage de Dieu, sous Son égide et sous Sa protection tant qu’il portera une fibre de cet habit.


Ô Ali ! En entrant au marché, dis : « Au nom de Dieu et par Dieu, je témoigne qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son messager ! » Dieu – qu’Il soit exalté – dira alors : « Mon serviteur m’a mentionné pendant que les gens étaient insouciants. Soyez témoins que Je lui ai pardonné. » Ô Ali ! Dieu s’étonne de celui qui Le mentionne dans les marchés. Ô Ali ! Lorsque tu entres dans la mosquée dit : Au Nom de Dieu et que la Paix soit sur l’Envoyé de Dieu ! Mon Dieu ! Ouvre pour moi les portes de Ta miséricorde, et lorsque tu sors dis : Au Nom de Dieu et que la Grâce soir sur l’Envoyé de Dieu ! Mon Dieu ! Ouvre pour moi les portes de Tes faveurs ! Ô Ali ! Lorsque tu entends le mu’adhin (le muezzin) répète comme lui et on inscrira en ta faveur autant de rétribution que lui. Ô Ali ! Lorsque tu termines tes ablutions mineures (wudhu’) dis : Je témoigne qu’il n’y a de dieu que Dieu et je témoigne que Muhammad est l’Envoyé de Dieu. Mon Dieu ! Fais que je sois parmi les repentants, fais que je sois parmi ceux qui se purifient ! Tu quitteras tes péchés et tu deviendras comme au jour où ta mère t’a mis au monde et on ouvrira pour toi les huit portes du Paradis et on dira : Entre par celle que tu veux !


Ô Ali ! Lorsque tu termines ton repas dis : « Louange à Dieu qui nous a nourris, abreuvés et a fait de nous des musulmans ! »


Ô Ali ! Lorsque tu bois de l’eau dis : « Louange à Dieu qui nous a abreuvé d’une eau qu’Il a rendue douce et agréable par Sa grâce et ne l’a pas rendue amère et saumâtre à cause de nos péchés ! » On t’inscrira comme un homme reconnaissant qui rend grâce.


Ô Ali ! Prends garde au mensonge car le mensonge noircit le visage. L’homme ne cesse de mentir jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès de Dieu comme menteur, et il ne cesse de dire la vérité jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès de Dieu comme un véridique. Or le mensonge côtoie la croyance.


Ô Ali ! Ne médis de personne car la médisance fait rompre le jeûne du jeûneur. D’ailleurs la chair de celui qui médit des gens sera mangée au jour de la résurrection.


Ô Ali ! Prends garde à la calomnie car le calomniateur n’entre pas au paradis.


Ô Ali ! Ne jure pas par Dieu ni en mentant ni en disant la vérité.


Ô Ali ! « Ne faites pas de Dieu la référence obligée de vos serments » (Coran 2/224) car Dieu ne fait pas miséricorde et ne loue pas celui qui jure par Dieu en mentant.


Ô Ali ! Garde ta langue et habitue-la au bien car rien n’est plus menaçant pour le serviteur au jour de la résurrection que sa langue.


Ô Ali ! Prends garde à la querelle car elle ne génère que des remords.


Ô Ali ! Prends garde à la cupidité car elle a chassé ton père [Adam] du Paradis.


Ô Ali ! Prends garde à l’envie car elle consume les bonnes actions comme le feu consume le bois.


Ô Ali ! Malheur à celui qui ment pour faire rire les gens. Malheur à lui, malheur à lui.


Ô Ali ! Use régulièrement du siwak (cure-dent) car c’est un moyen de purification de la bouche, une source d’agrément du Seigneur – qu’Il soit exalté – et une brillance pour les dents.


Ô Ali ! Cure-toi les dents car rien n’est plus détestable pour les anges que de voir les restes de nourriture sur les dents du serviteur.


***


Ali ajoute ceci : j’ai dit : Ô Envoyé de Dieu ! Indique-moi au sujet de la Parole de Dieu – qu’Il soit exalté - : « Adam reçut alors des paroles (grâce auxquelles) Dieu accepta son repentir » (Coran, 2/37), quelles sont ces paroles ? Le Prophète lui dit : « Dieu – qu’Il soit exalté – a fait descendre Adam – que la paix soit sur lui – en Inde, Eve à Djedda, le serpent à Ispahan et Iblis à Bayssan. Or, dans le Paradis, il n’y avait pas de créatures plus belles que le serpent et le paon. Le serpent avait des pieds comme ceux du chameau. Lorsque Iblis – que Dieu le maudisse – entra à l’intérieur du serpent, il tenta Adam et le trompa. Dieu – qu’Il soit exalté – se courrouça contre le serpent et le priva de ses pattes en lui disant : J’ai placé tes subsistances dans le sable et Je t’ai privé de tes pattes, puisse Dieu ne faire miséricorde à celui qui te fait miséricorde ! De même Dieu – qu’Il soit éxalté – se courrouça contre le paon et défigura ses pattes parce qu’il était le guide d’Iblis sur l’arbre. Adam resta donc cent ans sur la terre de l’inde sans lever sa tête vers le ciel, pleurant sa faute en demeurant assis dans la tristesse.


Dieu – qu’Il soit exalté – lui envoya alors Gabriel – que La Paix soit lui -. Il lui dit :


- Que la paix soit avec toi Ô Adam ! Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – te salue et te dit : Ne t’ai-Je pas créé de Ma main, n’ai-Je pas soufflé en toi de Mon esprit, n’ai-Je pas fait prosterner Mes anges, ne t’ai-Je pas donné Ma servante Eve comme épouse ? Pourquoi ces pleurs ?


Adam répondit :


- Ô Gabriel ! Comment ne pas pleurer alors que j’ai été expulsé du voisinage de mon Seigneur ?


Gabriel dit alors :


- Ô Adam ! Répète les paroles suivantes, Dieu – qu’Il soit exalté – pardonnera ta faute et agréera ta repentance.


Adam lui demanda :


- Lesquelles ?


Il répondit :


- Dis ceci : Mon Dieu ! Je T’implore au nom de Muhammad et de la Famille de Mohammad ! Gloire à Toi et louange à Toi ! J’ai commis une faute et je me suis fait du tort à moi-même, pardonne-moi ! Il n’y a que Toi qui pardonnes les péchés ; Fais-moi miséricorde, Tu es le Meilleur des miséricordieux. Gloire à Toi mon Dieu et louange à Toi ! Il n’y a de Dieu que Toi ! J’ai commis un péché et je me suis fait du tort à moi-même, accorde-moi la repentance car Tu es Celui qui aime agréer la repentance, le Très-Miséricordieux ! Gloire à Toi mon Dieu et louange à Toi ! Il n’y a de Dieu que Toi ! J’ai commis un péché et je me suis fait du tort à moi-même, accorde-moi la repentance car Tu es celui qui aime agréer la repentance, Le Très-Miséricordieux ! Gloire à Toi mon Dieu et louange à Toi ! Il n’y a de Dieu que Toi ! J’ai commis un péché et je me suis fait du tort à moi-même, pardonne-moi car Tu es le Meilleur pardonnant ! Voilà ces Paroles ».


***


Ô Ali ! Je t’interdit les serpents des maisons sauf al-aftas (celui qui est amputé) et al-abtar (le camard/qui a le nez plat).


Ô Ali ! Si tu vois un serpent dans ton bivouac menace-le trois fois et s’il revient à la quatrième tue-le !


Ô Ali ! Si tu vois un serpent sur la route tue-le car j’ai exigé des démons qu’ils n’apparaissent pas sur les chemins sous la forme de serpents. Aussi, celui qui le fait s’expose à la liquidation.


Ô Ali ! Quatre défauts relèvent de la damnation : la rigidité de l’œil, l’endurcissement du cœur, l’espoir démesuré et l’amour du bas-monde.


Ô Ali ! Je t’interdits quatre défauts très graves : l’envie, la cupidité, la colère et le mensonge.


Ô Ali ! Veux-tu que je t’indique le pire des hommes ? J’ai dit : Certes oui, Ô Envoyé de Dieu ! Il m’a dit : C’est celui qui mange seul, refuse d’aider et frappe son esclave. Veux-tu que je t’indique le pire d’entre ces gens ? J’ai dit : Certes oui, Ô Envoyé de Dieu ! Il a dit : Celui dont on n’espère pas de bien et dont on redoute le mal.


Ô Ali ! Lorsque tu pries sur un défunt dis : Mon Dieu ! Celui-ci est Ton serviteur, le fils de Ton serviteur et de Ta servante, Ton jugement s’impose à lui. Tu l’as créé alors qu’il n’était rien. Il descend auprès de toi et Tu es le meilleur des hôtes. Mon dieu : Apprends-lui sa preuve, fais-le rejoindre son Prophète  et raffermis-le par les paroles fermes car il est indigent par rapport à Toi, quant à Toi, Tu Te passes de lui ! Il témoignait qu’il n’y a de Dieu que Toi, aussi pardonne-lui, fais-lui miséricorde, ne nous prive pas de sa récompense et ne nous éprouve pas après lui ! Mon Dieu s’il était pur, confirme-le et s’il est pécheur, pardonne-lui !


Ô Ali ! Lorsque tu pries sur une défunte dis ceci : Mon Dieu ! C’est Toi qui l’as créée ; c’est Toi qui lui as donné de vivre ; c’est Toi qui l’as fait mourir. Tu connais son secret et ce qu’elle manifeste. Nous sommes venus à Toi comme intercesseurs en sa faveur. Aussi, pardonne à cette femme et fais-lui miséricorde, ne nous prive pas de sa rétribution et ne nous éprouve pas après elle !


Lorsque tu prie sur un enfant défunt dis ceci : Mon Dieu ! Fais qu’il soit pour ses parents un devancier, fais qu’il soit pour eux une épargne, fait qu’il soit pour eux une direction, fais qu’il soit pour eux une lumière, fais qu’il soit pour eux une récompense, accorde le paradis à ses parents, ne les prive pas de sa récompense et ne les éprouve pas après sa disparition !


Ô Ali ! Lorsque tu fais tes ablutions mineures dis ceci : Mon Dieu ! Je Te demande le parachèvement de mes ablutions mineures et le parachèvement de Ton pardon et de Ton agrément !


Ô Ali ! Lorsque le serviteur croyant atteint l’âge de quarante ans, Dieu l’assure contre la folie, la lèpre et la gale ; lorsqu’il atteint l’âge de soixante ans, il est dans l’empressement, et après soixante dans la régression, et Dieu lui accorde la conversion dans ce qu’il veut ; lorsqu’il atteint l’âge de soixante-dix ans, il est aimé par les habitants des cieux et les bons parmi les habitants de la terre ; lorsqu’il atteint l’âge de quatre-vingt ans on inscrit pour lui ses bonnes actions et on efface ses mauvaises actions ; lorsqu’il atteint l’âge de quatre-vingt dix ans, Dieu lui pardonne ses péchés antérieurs et ultérieurs, et lorsqu’il atteint l’âge de cent ans Dieu inscrit son nom dans le ciel comme suit : c’est le prisonnier de Dieu dans Sa terre et il devient le commensal de Dieu – qu’Il soit exalté -.


Ô Ali ! Retiens ma recommandation ! Retiens ma recommandation ! Tu es dans la vérité et la vérité est avec toi !


(1) La version arabe de cette recommandation 40 : partie 3 du pdf « Ibn Arabi - Al Futuhat Al Makiyya », p.929 (ou page 3021 à 3024 du document original).


Extrait Kitab al Wasâyâ - Paroles en Or d'Ibn 'Arabi, traduit en français par Mohamed Al-Fateh.