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[Poésie] Abou Shihâb al-Sohrawardî : Venez, vilipendeurs de la voie de l'amour..



Venez, vilipendeurs de la voie de l'amour,


Je vous aviserai de ce verveux discours,


Que me tient mon essence !


J'évoquerai les camps et les aimant convives.

Qui des saveurs d'aimer et de chérir se prive,

Est mort, à l'évidence !

Abou Shihâb al-Sohrawardî


Courte biographie


Il est né en 549 de l’hégire (1155 de l’ère chrétienne), dans une petite ville de Médie, Sohravard, au nord-ouest de la Perse. Très jeune, il part étudier à Maragha auprès du cheikh Madj al-Dîn Djilî qui eut aussi pour élève le philosophe Al-Razi. Vers sa vingtième année, Sohrawardî se rend à Ispahan, où il étudie auprès de 'Umar ibn Shalan al-Sawâdj, dans un cercle de philosophes "hellénisants" proches de la pensée d'Avicenne. Après une crise religieuse provoquée par une vision d'extase où Aristote lui apparaît, il se rapproche des soufis en cherchant à pratiquer autant l'expérience mystique (tâ'âlloh) que la connaissance philosophique (bath). Il adopte alors un mode de vie itinérant, fréquente les khanqas (« couvents » soufis), assiste fréquemment aux séances de danse et de musique (sama'i) de ces mêmes soufis, séances qu'il apprécie lui-même et recommande pour parvenir à l'extase.

Son biographe Shahrazurî mentionne qu'à la fin de sa vie, il ne rompait plus le jeûne qu'une fois par semaine. Sharahzurî insiste aussi sur son indifférence aux vêtements, aux honneurs, aux apparences, ce qui peut-être le rapproche de certains courants malamati.


Sohrahwardi semble avoir affectionné particulièrement le pays du Diyar Bakr, en Haute Mésopotamie où il séjourna longtemps. Il était aussi bien vu des princes turkmènes artoukides, surtout 'Imad ad-Dîn Qara Arslan, souverain de Kharpout, à qui il dédia son Livre des Tablettes. Son influence politique auprès de plusieurs princes seldjoukides et du fils de Salâh al-Dîn, Al-Malik az-Zahîr Ghazî, prince d'Alep, fut certainement pour beaucoup dans sa condamnation par les milieux alépins et la décision de son exécution par Saladin. [...]

Philosophe mystique et fondateur de la Philosophie illuminative, il meurt le 29 juillet 1191 à Alep en Syrie.


Par sa philosophie de l'illumination (ishrāq), Sohrawardī a renouvelé la mystique islamique. Il interprète le monde comme l'effusion hiérarchisée des lumières immatérielles, tombant sur l'écran ténébreux de la matière. Il unit l'héritage d'Aristote et d'Avicenne à une gnose visionnaire inspirée des sages grecs et des religions de l'ancien Iran. Son Livre de la sagesse orientale a décidé du destin de la philosophie iranienne, et, en particulier, du shī‘isme spirituel (école d'Ispahan, école de Qomm, aux xviie et xviiie s.). Son influence s'est fait connaître jusqu'en Andalousie et dans la pensée juive du Moyen Âge.


Source : Wikipedia