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[Vidéo] René Guénon - Commémoration de l'homme et de l'œuvre. Entretien avec Slimane Rezki

Il y a 100 ans, débutait une œuvre publique avec « Introduction Générale à l'Étude des Doctrines Hindoues » qui allait bouleverser le monde à un point que, la majorité encore aujourd'hui, ne se doute pas. Son auteur, René Guénon, nous a quittés il y a exactement 70 ans, le 7 janvier 1951, une date importante et symbolique à bien des égards.


À l'occasion de cette date, nous souhaitons parler de l'œuvre du maître et plus spécialement de sa réception. Dans le cas d'êtres d'exception comme René Guénon, l'Homme et l'œuvre sont bien évidemment, toujours, consubstantiels.


Son œuvre peut se décomposer en trois grandes phases :


1 - Dénonciation des fausses idoles


2 - Exposition des doctrines traditionnelles et métaphysiques


3 – Initiation


Tout au long de son œuvre, il vient rappeler avec force, comme jamais auparavant, l'idée centrale de Tradition Primordiale qui répond aux trois questions :


1 - Qui Suis-je ? 2 - Pourquoi Suis-je ? 3 - Comment le réaliser ?


Pour commémorer cet homme et cette date, d’Une Rive à l’Autre vois propose un entretien exclusif avec Slimane Rezki au sujet de René Guénon : l’homme, l’œuvre et les suites de sa mission.


Durée : 55 mn 59

 

À qui René Guénon ne s’adresse-t-il pas ?


Comme le disait René Guénon, tout ce qu'il a transmis n'est pas pour faire de la littérature. Son œuvre est une mission. De la même façon qu’il est dit du prophète Muhammad (sws) qu’il est un Coran qui marche, l'Homme est identifié à la fonction qu'il assume.


Le maître s'adressait à tout le monde mais pas à n'importe qui. On peut retrouver l’équivalent de cette distinction dans les termes anglais "everyone" et "anyone".


Cela pour une simple raison, les hiérarchies traditionnelles ayant été abolies, les êtres d’exception (qui ne sont par définition que très peu) peuvent se trouver partout, dans toutes les « couches » de la société, ce sont des personnes qui, bien qu’éparses, constituent l’élite.


A contrario, il y a bien des catégories de personnes à qui le maître ne s’adresse (surtout) pas et c’est de ceux-là que nous parlerons dans cette présente publication. Bien entendu, il y a les ennemis de la Tradition ; qui n’ont pas attendu longtemps après ses premiers écrits pour multiplier les attaques à son encontre mais là encore, il est trop évident qu’il ne s’adresse pas à eux.


Il y a une catégorie, qu’on peut qualifier de « rajasique », que le Christ a appelée les « tièdes » et que nous avons appelée « les gentils » dans une précédente publication.


Ceux qui ne voient dans son œuvre qu’une simple critique du monde moderne sans le désir d’une restauration traditionnelle.


Ceux qui ne veulent surtout pas quitter un certain confort pour se lancer corps et âme à la quête de la Vérité.


Ceux qui n’arrivent à percevoir le monde autrement que comme un amas de matière inerte.


Ceux pour qui la Tradition n’est qu’un simple sujet de discussions de salon ou de divagations philosophiques plein de concepts flottants et d’abstractions (Au contraire rien n’est plus concret et rien n’est plus merveilleux).


Ceux qui sont incapables de concevoir quoique ce soit en dehors d’un système, d'un parti, d'une voie exclusiviste.


C’est à ceux-là que René Guénon ne s’adresse pas. La raison est simple : ces critères disqualifient d’emblée toute prétention à la progression initiatique et constituent un obstacle dans la mise en œuvre de la mission initiée par notre maître.


Mais comme à l’habitude, laissons les références parler par elles-mêmes.


- D’une Rive à l’Autre

 

« Il en est à qui ce domaine de l’exotérisme suffit, qui n’éprouvent pas le besoin d’aller plus loin, qui peut-être ne le pourraient pas ; ce n’est pas à ceux-là que nous nous adressons, mais seulement à ceux, beaucoup moins nombreux, qui ont compris que ce n’est point dans cette recherche fragmentaire et analytique qu’ils parviendront à trouver la Vérité. »


« La Magie est pour nous une science, et une science secondaire ; c’est, au sens latin du mot, un accident sur la route. Les ambitieux n’ont pas affaire chez nous, car nous ne faisons pas d’or ; ni les sentimentaux, car nous ne ressuscitons pas d’entre les morts ; ni les curieux, car il n’y a pas chez nous des prestidigitateurs.


« Pour nous, les esprits amoureux uniquement des phénomènes qu’ils appellent surnaturels parce qu’ils sont sans doute au-dessus de leur entendement naturel, sont des intelligences insuffisantes, propres surtout à embarrasser, et parfois à ridiculiser les méthodes ; nous désirons infiniment n’en voir jamais parmi nous. »


René Guénon, La Gnose, « À nos lecteurs" signé "La Direction", mars 1910.


« Enfin, entièrement désintéressés de toute action extérieure, nous ne songeons point à nous adresser à la masse, ni à nous faire comprendre d’elle. Nous ne nous soucions nullement de l’opinion du vulgaire, nous méprisons toutes les attaques, de quelque côté qu’elles puissent venir, et nous ne reconnaissons à personne le droit de nous juger. Ceci étant déclaré une fois pour toutes, nous poursuivons notre œuvre sans nous préoccuper des bruits du dehors ; comme le dit un proverbe arabe : "Les chiens aboient, la caravane passe." »


Palingénius, lettre parue dans « La France Antimaçonnique », le 4 mai 1911.


« Tel ne peut être notre rôle, à nous qui, par principe, nous interdisons formellement toute polémique, et nous tenons à l’écart de toute action extérieure et de toute lutte de partis. »


Palingénius, « Les Néo-spiritualistes », La Gnose, août 1911 - février 1912.


« Nous ne nous adressons pas à ceux que la vanité occidentale aveugle à un tel point, mais seulement à ceux qui sont capables de comprendre qu’une civilisation peut être constituée par autre chose que des inventions mécaniques et des tractations commerciales. »


René Guénon, Revue :Le Radeau, janvier 1925.


« Nous écrivons pour instruire ceux qui sont aptes à comprendre, non pour solliciter l’approbation des ignorants ; et ce que nous faisons n’a rien à voir avec la littérature »


René Guénon, Compte-rendu de la revue « Atlantis », mai 1932.

« S’il est parfaitement exact que nous n’avons rien à voir avec les "mondains" et les "salons", nous ne nous adressons pas davantage aux "professeurs" »


René Guénon, Compte-rendu de la R.I.S.S, mai 1932.


« Nous savons bien que beaucoup de nos contemporains, et même le plus grand nombre, sont malheureusement incapables de faire comme il convient la distinction entre ces deux ordres de connaissance (si tant est qu’une connaissance profane mérite vraiment ce nom) ; mais, bien entendu, ce n’est pas à ceux-là que nous nous adressons. »

- René Guénon, Aperçus sur l’Initiation, chap. XVIII : Symbolisme et philosophie.

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« […] ceux qui sont animés du plus déplorable esprit de système, [...] ce n’est pas à ceux-là que nous nous adressons, car ce serait peine perdue »

- René Guénon, L'Erreur Spirite, Conclusion.

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« Nous ne voyons pas, en effet, quel parti l’élite intellectuelle pourrait tirer de la collaboration de ces esprits craintifs et inquiets ; celui qui n’est pas capable de regarder toute vérité en face, celui qui ne se sent pas la force de pénétrer dans la « grande solitude », suivant l’expression consacrée par la tradition extrême-orientale (et dont l’Inde aussi a l’équivalent), celui-là ne pourrait aller bien loin dans ce travail métaphysique dont nous avons parlé, et dont tout le reste dépend strictement. »

- René Guénon, Orient et Occident, Conclusion.

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« […] ces choses ne pourront pas être comprises par la généralité, mais seulement par le petit nombre de ceux qui seront destinés à préparer, dans une mesure ou dans une autre, les germes du cycle futur. »

- René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, avant-propos.


Nous proposerons ce mois-ci deux ou trois publications au sujet de : « À qui René Guénon s'adresse-t-il ? »


[vidéo 2]


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